
Quelle cohérence à avoir une autoroute urbaine et vouloir s’opposer à la construction d’un mur antibruit contre les nuisances sonores à Trois-Rivières-Ouest, rendu comme un impératif de santé publique (selon les études produites par le Ministère du Transport et l’OMS qui rappelle l’impact sur le sommeil et les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires) ? Trois-Rivières-Ouest a besoin d’une solution au même titre que la réhabilitation du Bas-du-Cap ou l’accessibilité des services dans les districts périphériques d’autant que Trois-Rivières-Ouest est un contributeur net depuis la fusion.
Quelle cohérence à agrandir les installations d’accueil de l’aéroport au lieu de soutenir véritablement le pôle d’excellence de l’industrie aéronautique alors qu’il n’est planifié aucune augmentation de vols commerciaux et que la ville a autorisé des projets domiciliaires de plus de 400 logements sous le corridor aérien au Vieilles-Forges ?
Quelle cohérence à ne pas exiger systématiquement de la part des organismes subventionnés par la Ville de Trois-Rivières, l’accès à l’information, en toute transparence afin de s’assurer du bon usage des deniers publics et éviter tout amalgame, apparence de conflit d’intérêts participant au cynisme ?
Quelle cohérence à continuer les développements dans les zones humides, à couper des boisés ou des arbres patrimoniaux, à construire dans des zones présentant, de l’ocre ferreuse, ou inondables et à avoir de manière récurrente des débordements sur les Récollets qui ont un impact direct sur l’activité économique de nos commerçants, des drains français bouchés et des inondations de sous-sol, à dépenser bêtement de l’argent dans la plantation de quelques arbres sans véritable impact sur la captation du carbone et si peu de véritable parc ou zone protégée accessible telle que l’ile Saint-Quentin?
Quelle cohérence à vouloir construire de nouvelles infrastructures qui ne répondent pas toujours aux besoins des Trifluviens et prendre du retard dans l’entretien de celles du quotidien, mission première d’une ville, avec des voiries non refaites depuis parfois plus de 40 ans, de l’eau buvable qui laisse des traces dans les sanitaires, une usine de traitements des eaux aux capacités insuffisantes obligeant le déversement d’eau impropre dans le Saint-Laurent, alors même que nous captons notre propre eau dans le Saint-Maurice, des berges dans les coulées vertes non entretenues amenant des inondations localement, etc. ?
Quelle cohérence à avoir un transport en commun toujours si peu emprunté (covid 19 ou non) en comparaison à des villes de taille équivalente rendant nos bus plus polluants que les voitures, un comble (137gr par passager/km sur la base d’un taux de remplissage d’environ 30 à 40 passagers ce qui est rarement le cas à Trois-Rivières) ? Ce n’est plus une question de moyens supplémentaires, mais d’efficience et d’une inadaptation de l’offre aux besoins.
Quelle cohérence à se départir du stationnement couvert Badeaux, infrastructure habituellement très rentable plutôt que de se doter d’une véritable stratégie de stationnements pour soutenir les activités des commerçants et des restaurateurs afin de maintenir l’attractivité du centre-ville ?
Quelle cohérence à faire de nouveaux types d’aménagements routiers comme les bouts de pistes cyclables de type « montagnes russes » ne répondant ni aux besoins et ni à la sécurité des cyclistes, réduisant les espaces de circulation inutilement sans continuité pour se rendre à destination et dépourvus de toutes boucles familiales ; des terre-pleins non pratiques ni adaptés pour l’entretien des voiries, une politique “vision zéro” mal amenée, des rues conviviales dangereuses, qui ont exacerbé les oppositions alors que le besoin de sécurité est nécessaire relativement aux rajeunissements de certains quartiers.
Quelle cohérence à continuer l’étalement urbain, sans tenir compte des axes de circulations totalement saturés aux heures de pointe en particulier sur Rigaud, des Chenaux, Jean XXIII, etc. en l’absence de planification des déplacements pendulaires, ou de gestion des réglages des feux de circulation ?
Est-ce qu’on peut arrêter l’incohérence ? S’éviter de créer des problèmes futurs ? Pouvons-nous revenir à l’essentiel ? Faire moins d’idéologie et plus du pratico-pratique et de gros bon sens ?
Travailler pour aujourd’hui et demain ? Consacrer plus de temps aux véritables enjeux et besoins des Trifluviens ceux du quotidien, ceux de nos entrepreneurs et préparer durablement Trois-Rivières pour la prochaine génération.
Nicolas Mêlé, MBA
Candidat dans le district de Richelieu -Trois-Rivières


